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Pour des mobilités choisies, changeons nos chemins : retour sur un weekend de mobilisation

Pour des mobilités de transport alternatives au tout-routier, la coalition La Déroute des Routes s’est mobilisée durant le weekend des 17 et 18 décembre partout en France. Ainsi, nous avons mis en avant notre moratoire !

La Déroute des Routes

En janvier, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) va rendre un rapport très attendu. Y figurera le financement des infrastructures de transport pour les années à venir. Le gouvernement fera-t-il le choix du train, des transports en commun et des modes actifs plutôt que d’entretenir le modèle ultra-polluant du tout-routier ? 

Les 17 et 18 décembre, 23 collectifs membres de la coalition La Déroute des routes ont investi les ronds-points partout en France. Ils ont porté notre proposition d’un moratoire sur tous les projets routiers destructeurs ! La pétition ici

La coalition La Déroute des Routes regroupe actuellement 47 collectifs en lutte. Nous avons recensé au moins 70 projets routiers actuellement prévus. Ils représentent des milliers d’hectares bétonnés. Ils sont à rebours de toutes les annonces de l’État prétendant lutter contre l’artificialisation des sols et le dérèglement climatique. Et que dire des milliards d’euros d’argent public qui pourraient être gaspillés dans de nouvelles routes ? 13 milliards selon Reporterre, environ 18 milliards selon nos calculs. Un non-sens, alors même que la commercialisation des voitures thermiques sera interdite en 2035.

Dans son Vrai Plan d’Investissement pour des infrastructures de transport permettant de réaliser la transition écologique, le Réseau Action Climat (RAC) a mis en lumière de nombreuses alternatives. C’était le 15 décembre. Ces alternatives financées par l’Etat, pourraient permettre à chacun·e de sortir de la dépendance à la voiture et de choisir comment se déplacer librement.


Ce week-end de mobilisation était l’occasion pour nous de rappeler que la résistance face aux projets routiers destructeurs s’organise nationalement. Nous unissons nos forces pour que cesse le gaspillage d’argent public et l’artificialisation à marche forcée de nos terres agricoles et naturelles !” expliquent les membres de La Déroute des Routes. “D’autres modèles de transports et d’aménagement sont possibles, faisons les advenir.

 

23 actions partout en France !



A Mardié, en périphérie d’Orléans (45),
le collectif La Loire Vivra s’est mobilisé sur le tracé du contournement est d’Orléans, porté par le Département du Loiret. 60 hectares de terres agricoles, 20 hectares de forêts, vont être détruits pour un pont sur la Loire et 14 km de route visant à faire de la Région Centre Val de Loire une plateforme logistique pivot au niveau national.


A Duttlenheim, dans le Bas-Rhin (67),
le collectif GCO non merci s’est mobilisé sur le rond-point d’accès de l’aire de service de l’A355 de contournement ouest de Strasbourg. L’actu locale coïncidait avec les uns ans d’ouverture de l’autoroute de Vinci. Le collectif a dressé un bilan sévère : un couloir à camions avéré, une baisse du trafic routier d’à peine 3 % sur l’axe censé être amélioré et donc des conditions de circulations pendulaires qui restent difficiles et des nuisances augmentées en touchant des secteurs jusque-là épargnés..

« Le GCO est l’exemple de ce qu’il faut pas (plus) faire en France »


A Antibes, dans les Alpes-Maritimes (06),
le collectif Déviation 06 s’est mobilisé au rond-point des Eucalyptus pour dire non à la déviation de Golfe Juan. Le moratoire porté collectivement avec la Déroute est une première étape face aux projets routiers destructeurs.

Le collectif a récemment réussi à faire stopper les travaux, nous le dit : la nature n’est pas une option !


À St Péray en Ardèche (07),
des militant(e)s du collectif pour des Alternatives à la déviation se sont mobilisé(e)s vendredi soir pour le respect de l’agriculture locale et pour rappeler notre demande de moratoire.


A Auxerre dans l’Yonne (89),
des militant(e)s ont eux(elles) aussi participé(e)s au weekend de mobilisation en affichant notre demande de moratoire.


A Briouze dans l’Orne (61),
le collectif 924 préfère le maintien du Paris-Granville avec la gare de Granville, plutôt que la 2×2 voies

« Nous dénonçons le fléchage de l’argent vers, encore et toujours des projets routiers, plutôt que du ferroviaire, de la mobilité douce comme le vélo, qui peut aussi s’appliquer sur un territoire rural avec un peu d’imagination. Pour notre part, c’est particulièrement la ligne Paris-Granville. » – Actu Normandie


A Montpellier, dans l’Hérault (34),
le collectif SOS Oulala était mobilisé sur le marché de Gignac et aux portes de la ville avec les Gilets Jaunes locaux, pour demander dans la bonne humeur l’arrêt du LIEN, un projet dévastateur pour la planète et nos portes monnaies. Pour eux/elles, la mise en place de notre moratoire est prioritaire.

Retrouver une vidéo ici


A Verfeil, en Haute-Garonne (31),
le collectif La Voie Est Libre a occupé le rond-point sur l’une des extrémités d’accès au projet de l’autoroute Castres-Toulouse, la A69. Pour le collectif citoyen, construire cette nouvelle route est une gabegie qu’il dénonce dans l’actuelle enquête publique sur la Demande d’utilité.
Comme sur d’autres lieux de lutte, il existe des alternatives. Défendre un moratoire a du sens. C’est le message que les militants ont voulu faire passer en répondant présent à l’appel national de notre coalition.


A Saint-Lô, dans la Manche (50),
les militant(e)s se sont retrouvé(e)s devant le conseil départemental, fermé car coupable d’écocide, et pour « compenser » la bêtise des dégâts que causeraient les trois projets routiers que porte le Département.

Pour les copains-copines, dans la Manche comme ailleurs, l’urgence d’un moratoire pour préserver les terres agricoles est plus que nécessaire. Ensemble, nous voulons des mobilités choisies et non subies !


A Sarcelles, dans le Val-d’Oise (95),
le collectif Vivre sans BIP et plusieurs associations se sont mobilisés pour l’abandon du boulevard urbain à 2×2 voies qu’est le projet « Avenue du Parisis », une bombe sanitaire qui impacterait au moins 10 000 enfants dont les établissements scolaires sont situés à proximité.

Vouloir un moratoire sur les projets d’infrastructure routière en France est aussi une question de santé publique.


A Feignies, dans le Nord (59),
malgré le froid, le collectif contre le contournement Nord de Maubeuge s’est mobilisé sur le rond-point de l’As de Trèfle.

Les militant(e)s ont rappelé leur opposition au projet de contournante nord de Maubeuge et ont alerter sur les dérives du développement routier effréné dans l’Hexagone.

Pour eux, l’entêtement des élus qui promeuvent ces projets d’une autre siècle doit cesser. L’ère du tout-routier a vécu.


A St-Paul-Trois-Châteaux dans la Drome (26),
des citoyen·nes se sont mobilisé(e)s à l’appelle de l’association Vivre, respirer, se déplacer en Tricastin. Ils/elles se sont rassemblé(e)s sur le rond-point des Carriers pour dénoncer le projet d’un 3ème échangeur sur l’autoroute A7 dans leur secteur de vie. Pour ces opposants, cet échangeur n’a aucun intérêt public hormis celui de servir des intérêts privés.

Défendre un moratoire sur les projets d’infrastructure routière, a du sens. Le prétexte de faciliter l’économie locale a bon dos. Ici, par exemple, une famille se bat contre l’expropriation de ses terres. En jeu : la survie même de l’exploitation. « Vinci veut y construire un échangeur autoroutier, alors que seul 21 km sépare les deux sorties voisines. » explique Reporterre.


A Montpellier (encore) (34),
le collectif Autre COM s’est mobilisé toute la journée entre Montpellier, Saint-Jean de Védas et Juvigac. L’objectif était d’informer les automobilistes du projet méconnu d’autoroute urbaine que défend la métropole et face auquel existent de nombreuses alternatives.

La réaction des personnes avec lesquelles les militant(e)s ont échangé, montre qu’une fois informées, elles ont trouvé les alternatives bien plus adaptées au contexte local.

Laisser une chance au autre modèle de transports, c’est aussi le but du moratoire.


A Vichy, dans l’Allier (03),
le collectif contre le contournement nord-ouest de Vichy est allé à la rencontre des passant·es et des commerçant·es pour parler du moratoire, l’occasion pour eux aussi de défendre une autre vision des transports.


A Rouen, dans Seine-Maritime (76),
le collectif Non à l’autoroute A133-A134 et les Gilet Jaunes ont investi le rond-point des Vaches, lieu symbolique des deux luttes. Ensemble contre ce projet qui détruirait 516 hectares et condamnerait la santé des habitant·es de ce quartier populaire, ils ont informé les automobilistes :

l’A133-A134 n’a pas pour objectif d’améliorer leur condition de circulation, contrairement à ce que prétendent les élus qui défendent l’intérêt privé sur le dos des contribuables.

Le triste exemple du GCO à Strasbourg est là pour le rappeler (voir l’action-bilan des copains-copines du côté de Strasbourg).


A Saint-Pierre-Eynac en Haute-Loire (43),
des membres du collectif de la Lutte des Sucs se sont mobilisés au rond point Lachamp pour protester contre la déviation de la RN 88. 

En effet, près du Puy en Velay, le président de Région Laurent Wauquiez veut se payer une route-joujou avec l’argent des habitant·es. Heureusement, des citoyen·nes vigilant(e)s veillent afin que l’argent public soit utilisé pour l’intérêt général et pour sortir la région de l’impasse climatique !

A la Déroute, nous avons une autre idée de l’utilité de l’argent public. C’est pour cela que nous défendons collectivement un moratoire.


A Toulouse, en Haute-Garonne (31),
le collectif Axe Vert Ramée s’est mobilisé contre deux projets de boulevard urbain : le BUCSM et le BUO.

De nombreuses associations étaient présentes ainsi que des élus de Tournefeuille, Plaisance-du-Touch et Cugnaux.

Ici encore, les militant(e)s ont mis en avant les alternatives. L’aménagement de boulevards urbains doit d’abord servir les intérêts de mobilités choisies, en sortant de la logique du tout-voiture.


A Granville, dans la Manche (50) (encore),
un autre projet menace. Les opposant(e)s ont distribué des tracts sur deux ronds-points à l’entrée de la ville. « Le projet de 2×2 voies est néfaste au climat, au vivant, à l’activité agricole. Il fragmente les parcours de la faune, l’accès des agriculteurs à leurs parcelles », argumente un camarade repris dans Ouest-France

Comme pour les autres mobilisations à travers la France, les associations demandent au département de cesser ces projets destructeurs et de tourner la page du tout-routier.


Dans le Chablais en Haute-Savoie (74),
le collectif ACPAT est engagé pour empêcher le projet d’autoroute Machilly – Thonon-les-bains, projet vieux de 30 ans, et contre le bétonnage du Département. Ils ont manifesté sur le rond-point d’Anthy.

Ici, comme ailleurs, nous voulons que nos élus investissent dans les transports du futurs et pas dans les routes du passé !

Encore un rond point décoré pour noël !

🎄


A Nîmes, dans le Gard (30),
les collectifs Caveirac Vaunage et Non au contournement ouest de Nîmes se sont mobilisés.


A Céret, dans les Pyrénées-Orientales (66),
le collectif Bien Vivre en Vallespir a occupé le rond-point de Nogarède pour dire non au projet de viaduc de Céret. Pour les militant(e)s, ce 4ème pont est inutile et conforte l’idée du moratoire.

Dans un deuxième temps de mobilisation, le collectif a planté des arbres car construire des routes, c’est détruire des milliers d’hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers.


17-18 décembre : choisis ton chemin !

Autour du 15 décembre, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) va rendre un rapport très attendu sur le financement des infrastructures de transport pour les années à venir. Le gouvernement fera-t-il le choix du train, des transports en commun et des modes actifs plutôt que d’entretenir le modèle ultra-polluant du tout-routier. Plus de 20 collectifs en lutte à travers la France contre des projets routiers destructeurs s’organisent et investissent les ronds-points les 17 et 18 décembre pour des mobilités choisies et non plus subies par la population et contre la dépendance au tout-routier !

Partout en France, nous avons recensé au moins 70 projets routiers actuellement prévus, représentant des milliers d’hectares bétonnés, à rebours de toutes les annonces de l’État prétendant lutter contre l’artificialisation des sols et le dérèglement climatique. Pire, ce même gouvernement s’apprête à investir près de 18 milliards d’euros d’argent public dans ces projets aberrants. Ces routes nous rendent toujours plus dépendant·es de la voiture, et font enfler les bénéfices déjà records des constructeurs et concessionnaires (pour la part concédée de notre réseau routier).

Pourtant, de nombreuses propositions alternatives existent, pour que chacun·e puisse choisir comment se déplacer librement. Ces 18 milliards d’euros permettraient de sortir des milliers de personnes des bouchons en ville et de proposer à chacun·e une offre de transport public, facile d’accès et régulière, mais aussi de reconnecter la campagne aux milieux urbains, souvent bassins d’emplois (déplacements domicile-travail). 18 milliards d’euros, ce seraient aussi des infrastructures cyclables sécurisées partout et pour tous·tes.

Pour que ce scénario devienne réalité, la résistance s’organise ! Plus de 50 collectifs d’habitant·es regroupé·es dans “laDéroutedesroutes” appellent à une mobilisation collective décentralisée le week-end du 17 et 18 décembre. L’objectif ? Proposer notre demande de moratoire, déjà signée par une centaine d’élu·es locaux·ales et parlementaires. Nous nous mobiliserons tout le premier semestre 2023, à l’occasion de la signature des volets mobilité des Contrat de Plan Etat-Région, décisifs pour les infrastructures de transports dans les années à venir.

Un autre modèle de transports est possible, faisons-le advenir !